Comment un médecin doit remplir le dossier MDPH
Pour remplir le dossier MDPH, le médecin renseigne avant tout le certificat médical Cerfa n° 15695*01. Chaque rubrique compte, tout comme la date, la signature et l'identification du praticien, la validité du certificat et la facturation de la consultation.
Quelles rubriques du certificat médical remplir ?
Le certificat médical Cerfa du dossier MDPH donne à l'équipe pluridisciplinaire de quoi mener son évaluation. Il sert pour un enfant handicapé comme pour les adultes handicapés, à la première demande ou au renouvellement. Le médecin décrit des faits médicaux. La reconnaissance administrative de la situation de handicap et l'attribution des aides relèvent des instances de la MDPH et de la CDAPH, la commission chargée de ces décisions.

Diagnostic, histoire et évolution des troubles
Le certificat est rempli après un examen médical. Le médecin traitant n'est pas le seul habilité à le faire. Mieux vaut toutefois choisir un praticien qui connaît bien l'état de santé de la personne et ses effets au quotidien.
Indiquez les diagnostics et les constatations cliniques, puis l'origine et l'ancienneté des troubles. Ajoutez les antécédents pertinents et les perspectives d'évolution. Le nom de la maladie ne suffit pas : un même diagnostic n'a pas les mêmes conséquences d'un patient à l'autre.
Limitations et retentissement dans la vie quotidienne
Une fois le diagnostic posé, ce sont les difficultés concrètes qui guident la compensation du handicap. Pour chaque activité réellement limitée, le médecin précise la difficulté et sa fréquence. Il en donne aussi l'intensité, l'aide nécessaire et ce qui reste difficile malgré cette aide.
- Mobilité : marche, transferts, endurance, pauses nécessaires et sécurité des déplacements.
- Entretien personnel : assistance requise pour la toilette, l'habillage, l'alimentation ou l'élimination.
- Communication et cognition : compréhension, expression, attention, mémoire et organisation.
L'autonomie se mesure aussi au-delà de ces fonctions. Les troubles pèsent sur la vie domestique et sociale. À l'école ou au travail, ils se traduisent par de la fatigabilité et par du mal à maintenir une activité dans la durée.
Dans ces cas, le certificat mentionne chaque aménagement nécessaire : rythme adapté, adaptations du poste ou de la scolarité. Ces précisions permettent à l'équipe de proposer une réponse ajustée.
Fluctuations, traitements et aides nécessaires
Une maladie qui évolue par poussées ou par crises ne se résume pas à l'état constaté le jour de la consultation. Décrivez une période représentative : fréquence estimée des épisodes, durée, récupération et activités interrompues. Distinguez aussi les observations cliniques de ce que rapporte le patient.
Les traitements en cours complètent ce tableau, avec leurs effets indésirables pertinents, les contraintes de suivi, les hospitalisations et les besoins de surveillance. Le médecin précise enfin les aides humaines, les dispositifs techniques ou le temps supplémentaire nécessaires. Il indique aussi les limitations qui persistent malgré ces compensations.
Comment dater, signer et identifier le certificat ?
Une fois les rubriques médicales remplies, le certificat doit encore respecter des formalités précises. Elles permettent de savoir qui l'a établi et quand.
Date et signature personnelle du médecin
Ces formalités viennent de l'article R. 4127-76 du Code de la santé publique, en vigueur depuis le 8 août 2004. Le certificat doit être lisible, rédigé en français, daté et signé par le médecin. Le formulaire Cerfa peut être rempli en ligne avant impression, mais le document remis doit ensuite être daté et signé par le praticien.
Il en va de même pour les certificats médicaux pré-imprimés du cabinet : un support imprimé ne dispense ni de la date ni de la signature. Selon le Conseil national de l'Ordre des médecins, la signature doit être personnelle. Un fac-similé ne convient pas, et le secrétariat ne signe jamais à la place du praticien.
Identification du praticien et numéro RPPS
La signature engage un médecin qui doit être identifiable sans ambiguïté. En pratique au cabinet, plusieurs éléments sont à contrôler avant remise.
- Identité : nom, prénom et qualité du signataire.
- Spécialité : à indiquer lorsqu'elle est utile à la lecture du certificat.
- Coordonnées professionnelles : adresse et moyens de contact du cabinet.
Le numéro RPPS est un identifiant national attribué à vie. Depuis le 11 octobre 2024, les professionnels auparavant enregistrés dans ADELI sont passés au RPPS. L'article R. 4127-76 n'exige pourtant pas expressément ce numéro sur le certificat.
Le formulaire, la signature et l'éventuel tampon doivent porter des informations identiques. Papeterie Médicale recommande de vérifier le RPPS dans l'annuaire officiel du Conseil national de l'Ordre des médecins. Le guide des mentions obligatoires du tampon détaille ce que chaque empreinte doit porter.
Place du tampon professionnel
L'article R. 4127-76 ne fait pas du tampon encreur une obligation distincte. Le tampon facilite l'identification du médecin, mais il ne remplace ni sa signature personnelle ni la date. Papeterie Médicale propose un tampon médical automatique personnalisable sur 5 à 6 lignes. Il peut regrouper l'identité, la spécialité reconnue, le RPPS et les coordonnées du cabinet.
Dès la configuration du tampon, les mentions portées sous le nom du médecin doivent respecter l'article R. 4127-79 du Code de la santé publique. Cette règle vaut pour les certificats, les ordonnances et les autres documents signés. Un titre non reconnu ou une qualification injustifiée n'a donc pas sa place sur l'empreinte.
Quelle validité et quel certificat pour un renouvellement ?
Un certificat bien rempli et correctement signé doit encore être récent au moment du dépôt. Pour un renouvellement, la forme simplifiée n'est possible que sous certaines conditions.
Durée de validité du certificat
Les textes ne donnent pas tous le même délai. L'écart s'explique par la valeur juridique de chaque document.
- Règle réglementaire : l'article R. 146-26 du Code de l'action sociale et des familles, en vigueur depuis le 5 avril 2021, exige un certificat de moins d'un an au moment de la demande.
- Mention de la notice : la notice n° 52154#01 indique encore six mois, sans en faire une obligation réglementaire.
- Handicap évolutif : l'équipe pluridisciplinaire peut demander un certificat plus récent que ce que prévoit la règle générale.
La notice officielle d'aide au remplissage garde sa valeur de guide pour les rubriques. Pour le délai, c'est l'article R. 146-26 qui fait foi.
Actualité des informations avant le dépôt
Une date conforme ne garantit pas un contenu à jour. Avant le dépôt du dossier MDPH, vérifiez la date du certificat et l'actualité des informations médicales qu'il contient.
Si les limitations fonctionnelles ou la prise en charge ont changé, le patient doit le signaler au médecin, même si le diagnostic reste le même. Pour une première demande comme pour un renouvellement, le certificat décrit la situation au moment de la démarche.
Conditions du certificat simplifié
Selon Mon Parcours Handicap, le certificat simplifié suppose quatre conditions cumulatives. La première exige que le précédent certificat ait été rempli par le même médecin. Les trois autres portent sur la stabilité de la situation.
- État de santé : inchangé depuis le précédent certificat.
- Retentissement fonctionnel : identique dans la vie quotidienne.
- Prise en charge médicale : sans modification.
Un diagnostic stable ne justifie donc pas à lui seul la forme simplifiée lorsque les conséquences quotidiennes des troubles ont changé.
Le secrétariat peut signaler un changement déclaré par le patient et préparer les documents. C'est le médecin qui confirme, après examen, si la forme simplifiée convient ou si le certificat complet doit être rempli.
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Que vérifier avant la remise du certificat ?
Une fois le certificat rédigé, sa valeur dépend aussi des pièces qui l'accompagnent et du soin apporté à sa remise. Un contrôle final évite qu'un dossier complet en apparence soit bloqué à l'instruction.

Bilans et pièces médicales complémentaires
Pour une déficience auditive qui affecte la vie quotidienne, le médecin ORL qui suit la personne remplit le compte rendu type du volet 1. Pour une déficience visuelle, l'ophtalmologue remplit celui du volet 2. Des bilans d'ergothérapie, d'orthophonie ou de psychologie, ainsi que des comptes rendus récents, sont utiles s'ils éclairent les limitations décrites.
Contrôle du certificat et du dossier de demande
Le dossier de demande réunit le formulaire Cerfa n° 15692*01, le certificat médical et les justificatifs requis, dont un justificatif d'identité et un de domicile. Le formulaire est rempli par la personne concernée ou son représentant légal. À vérifier avant impression :
- Contenu médical : limitations concrètes, traitements et aides décrits.
- Annexes : volets ORL ou ophtalmologique présents si nécessaire.
- Cohérence : pièces jointes en accord avec le certificat.
- Formalités : date et signature lisibles.
Ce contrôle a une portée juridique. L'absence d'un certificat valide ou d'une pièce obligatoire peut rendre la demande MDPH irrecevable ou en retarder l'instruction, l'article R. 146-26 du Code de l'action sociale et des familles liant la recevabilité à la présence des documents requis.
Remise confidentielle et transmission à la MDPH
D'après la notice officielle, le médecin remet le certificat et ses pièces complémentaires au patient, qui les joint au dossier sous pli confidentiel. La notice lui recommande d'en garder une copie. La personne, ou son représentant légal, dépose ensuite la demande à la maison départementale des personnes handicapées de son lieu de résidence. Le médecin n'a pas à faire ce dépôt lui-même.
Au cabinet, le secrétariat prépare les documents, repère les champs administratifs manquants et organise la remise, sans toucher au contenu médical. La confidentialité vaut aussi pour l'impression, la numérisation et le partage des pièces.
Comment facturer la consultation de remplissage ?
Le temps passé sur le certificat médical du dossier MDPH peut être valorisé par un acte dédié. Cet acte ne couvre toutefois pas toutes les consultations liées au dossier.
Éligibilité à la consultation très complexe
La nomenclature de l'Assurance maladie prévoit la consultation très complexe MPH pour le remplissage complet du premier certificat MDPH d'un patient.
Cette consultation n'est facturable qu'une fois par patient à ce titre. Son codage passe par deux codes distincts :
- Dossier médical : inscrire le code MPH.
- Transmission : envoyer le code de prestation CCE à l'Assurance maladie.
Un renouvellement, même avec un certificat complet, n'entre donc pas dans ce cadre.
Tarif et situations exclues
Le tarif conventionnel de la consultation MPH est de 60 € en métropole. Il passe à 72 € dans les départements et régions d'outre-mer.
Il ne peut donc pas être appliqué à un certificat simplifié ni au seul remplissage des volets ORL et ophtalmologique.
Prise en charge et reste à charge
Pour le premier certificat complet, Mon Parcours Handicap indique une prise en charge de 70 % par le régime obligatoire, soit 42 €. La complémentaire santé couvre les 30 % restants, soit 18 € sur le tarif métropolitain. Selon la même source, le tiers payant à 100 % est possible sous conditions pour un patient en ALD liée à son handicap ou en invalidité.
Cette répartition ne garantit pas l'absence de reste à charge. La participation forfaitaire, les exonérations, la complémentaire et les éventuels dépassements autorisés dépendent de la situation du patient.
Foire aux questions
Non. L'arrêté du 5 mai 2017 a créé le modèle Cerfa n° 15695*01 et abrogé l'arrêté du 23 mars 2009 qui encadrait l'ancien formulaire. Ce certificat accompagne le formulaire de demande Cerfa n° 15692*01 et les justificatifs requis.
Pas nécessairement. Lorsque la déficience a des répercussions dans la vie du patient, la notice demande une description spécialisée. L'examen seul ne remplace pas forcément le compte rendu adapté.
Évitez les mentions vagues comme « fatigue importante » ou « difficultés à marcher ». Décrivez plutôt la distance ou la durée tolérée, les pauses nécessaires, les conditions de sécurité et les conséquences observées. Ne présentez pas non plus comme limités les domaines où il n'existe aucune difficulté réelle.