Archivage d'une ordonnance médicale : durées de conservation
Maîtriser l’archivage d’une ordonnance médicale exige de distinguer la durée de conservation applicable à chaque document, selon le médicament prescrit et le professionnel qui le détient. En officine comme en établissement de santé ou dans un cabinet libéral, cette organisation répond à une obligation d’archivage et protège les données de santé. Ce point présente les durées légales de conservation, les règles relatives aux stupéfiants et les conditions de destruction des documents.
Combien de temps conserver une ordonnance en officine
En officine, le délai dépend de la nature du document et du type de médicament concerné. Les durées légales de conservation des ordonnances en officine sont définies par le Code de la santé publique. Tout écart peut exposer l’officine à des sanctions conventionnelles.

Ordonnances simples et durée de trois ans
La règle de base pour l’archivage des ordonnances médicales en pharmacie figure à l’art. R. 5132-35 du Code de la santé publique. Pour une ordonnance simple délivrée, le point de départ du délai est la date de délivrance, et non la date de rédaction par le prescripteur. Le document papier remis au comptoir doit être classé chronologiquement afin de permettre une vérification ultérieure.
- Ordonnances simples conservées trois ans à compter de la délivrance, conformément à l’article R. 5132-35 du CSP.
- Bons de commande et livraisons gardés cinq ans pour assurer la traçabilité des approvisionnements en médicaments, selon l’article R. 5124-58 du CSP.
- Classement chronologique obligatoire pour retrouver rapidement les pièces lors d’un contrôle et justifier les délivrances effectuées.
Le délai de conservation d’une ordonnance de trois ans ne doit pas être confondu avec la validité d’une ordonnance. En règle générale, celle-ci impose une présentation en pharmacie dans les trois mois suivant la prescription. Les prescriptions renouvelables d’un traitement chronique peuvent toutefois être honorées pendant un mois après leur expiration, dans des conditions strictement encadrées. La conservation des documents reste calculée à partir de la délivrance effective.
| Type de document | Durée de conservation | Référence réglementaire |
| Ordonnance simple délivrée | 3 ans | Art. R. 5132-35 CSP |
| Volets de carnets de commande stupéfiants | 3 ans | Art. R. 5132-31 CSP |
| Bons de commande et documents de livraison | 5 ans | Art. R. 5124-58 CSP |
| Registre des stupéfiants et documents de destruction | 10 ans | Art. R. 5132-9 CSP |
Stupéfiants et documents de traçabilité
Les stupéfiants obéissent à des règles plus strictes. Les copies d’ordonnances correspondantes sont conservées trois ans, séparément des prescriptions ordinaires, conformément à l’art. R. 5132-35 du Code de la santé publique.
- Copies d’ordonnances de stupéfiants conservées trois ans, séparément des autres prescriptions, en application de l’article R. 5132-35 du CSP.
- Volets de carnets de commande archivés trois ans selon l’article R. 5132-31 du CSP, à part des prescriptions délivrées au comptoir.
- Registre des stupéfiants et enregistrements informatiques, avec leurs éditions mensuelles, conservés dix ans à compter de leur dernière mention, selon l’article R. 5132-9 du CSP.
- Documents de destruction soumis à la même durée de dix ans, afin d’assurer la traçabilité du circuit des stupéfiants en officine.
L’identification du prescripteur est un prérequis de conformité dès la configuration du support. Les ordonnances bizone CERFA personnalisées peuvent intégrer le nom, le numéro RPPS, l’adresse et le numéro FINESS du praticien, pour sécuriser la traçabilité de la rédaction à l’archivage. Papeterie Médicale propose des modèles bi-zones conformes à ces exigences, en formats A4 et A5, avec options d’impression en noir, bleu ou quadrichromie.
Classement et destruction sécurisée
L’obligation d’archivage comprend aussi la destruction des documents à l’issue du délai prévu. Tout support papier contenant des données de santé doit être éliminé par broyage professionnel, afin d’empêcher la reconstitution d’informations nominatives. Cette précaution concerne les ordonnances simples conservées trois ans comme les registres de stupéfiants arrivant à échéance après dix ans.
La pharmacie classe les prescriptions par ordre chronologique pour faciliter leur consultation lors d’un contrôle ou d’une contestation de facturation. Une fois le support en main, la date de délivrance est apposée lisiblement et les liasses sont stockées dans un espace sécurisé, distinct des dossiers actifs. La conservation des ordonnances doit ainsi respecter les exigences du Code de la santé publique et du RGPD.
Ordonnance d'exception et conservation pendant trois ans
L'ordonnance d'exception occupe une place particulière dans le circuit officinal. Établie exclusivement sur le formulaire Cerfa n° 12708*02, elle conditionne la prise en charge par l'Assurance Maladie de médicaments onéreux ou soumis à prescription restreinte. Son archivage répond à des règles spécifiques et engage la responsabilité du pharmacien titulaire lors d'un contrôle conventionnel.

Le rôle des quatre volets
Le formulaire Cerfa n° 12708*02 comporte quatre volets autocopiants, chacun ayant une fonction précise dans le circuit de dispensation. La durée de conservation d'une ordonnance d'exception commence à la première délivrance du médicament. À partir de ce moment, l'archivage du volet 4 devient obligatoire selon la convention applicable. L'archivage des ordonnances d'exception se distingue ainsi de celui des prescriptions courantes par son lien direct avec la facturation à l'Assurance Maladie.
- Volet 1 remis au patient comme justificatif de référence pour son suivi et ses démarches auprès de l'Assurance Maladie.
- Volets 2 et 3 transmis dans le circuit prévu avec l'Assurance Maladie afin de permettre la prise en charge et le remboursement du médicament dispensé.
- Volet 4 conservé par l'officine après la délivrance. Il constitue la pièce justificative nécessaire à la facturation auprès de l'Assurance Maladie.
- Spécialités particulières comme Praluent® ou Repatha®, pour lesquelles une demande d'accord préalable tient lieu d'ordonnance d'exception et modifie légèrement le circuit de transmission.
Dès que la délivrance est enregistrée, le volet 4 rejoint les archives de l'officine. Il sert de pièce comptable lors de l'enregistrement de la délivrance.
Durée de conservation du volet 4 en pharmacie
Le volet 4 doit être conservé trois ans à compter de la délivrance du médicament. Cette durée minimale ne découle pas directement de l'arrêté du 26 juin 2006, qui ne fixe pas de délai autonome pour ce volet. Elle résulte de la convention nationale des pharmaciens approuvée par arrêté du 31 mars 2022. La conformité se joue sur un classement rigoureux dès réception, puisque ce document peut être demandé lors d'un contrôle de l'Assurance Maladie.
En cas de cession d'officine, les archives, y compris les volets 4, sont transmises avec le fonds de commerce. Le titulaire repreneur, ou les héritiers selon la situation, assume la conservation pendant la durée restant à courir. Papeterie Médicale propose des ordonnances d'exception Cerfa personnalisées avec les mentions légales intégrées dès l'impression.
Contrôles et transmission d'officine
Le non-respect des règles de conservation peut entraîner une procédure contradictoire et des sanctions conventionnelles, jusqu'au déconventionnement du pharmacien titulaire. Un document manquant ou non conforme peut remettre en cause la facturation d'une délivrance et conduire au remboursement des sommes perçues. La conservation du dossier médical dans un établissement de santé relève de la même exigence de traçabilité, conformément à l'article R. 1112-7 du CSP.
Dès la configuration du tampon ou du support préimprimé, indiquez lisiblement et de façon permanente l'identité du professionnel, son numéro RPPS, son adresse et son numéro FINESS. Papeterie Médicale propose des tampons personnalisés en 8 couleurs de boîtier et 4 couleurs d'encre, conçus pour rester lisibles sur chaque volet autocopiant.
Produits recommandés
Dossier médical et procédure d'archivage d'un dossier patient
Au-delà des obligations propres à l'officine, la conservation des dossiers médicaux varie selon que le professionnel exerce en établissement de santé ou en cabinet libéral. Les durées légales de conservation peuvent atteindre vingt ans, avec des règles particulières liées à l'âge du patient ou aux circonstances de son décès. Une procédure rigoureuse protège le professionnel comme le patient en cas de mise en cause de la responsabilité.

Durée de conservation du dossier médical
En établissement de santé, la procédure d'archivage d'un dossier patient est encadrée par l'article R. 1112-7 du Code de la santé publique. Le dossier médical doit être conservé vingt ans à compter du dernier séjour ou de la dernière consultation. Pour un patient mineur, ce délai est prolongé jusqu'à son 28e anniversaire lorsque la période de vingt ans expire avant cette date. Si le décès survient moins de dix ans après le dernier passage, la conservation s'étend à dix ans à compter du décès.
- Établissements de santé soumis à une durée de conservation de vingt ans après le dernier séjour ou la dernière consultation, conformément à l'article R. 1112-7 du CSP.
- Patients mineurs bénéficiant d'une prorogation jusqu'à leur 28e anniversaire lorsque le délai standard expire avant cette date.
- Décès du patient survenu moins de dix ans après le dernier passage : la conservation est portée à dix ans à compter de la date du décès.
- Praticiens libéraux invités par la CNIL, dans sa préconisation du 18 juin 2020, à conserver les dossiers vingt ans après la fin du suivi.
Le délai de conservation est suspendu lorsqu'un recours met en cause la responsabilité de l'établissement ou du professionnel de santé. La suspension court jusqu'à la clôture définitive de la procédure et peut donc prolonger la durée de conservation des documents. Dès que les archives sont constituées, leurs accès doivent être tracés et sécurisés, conformément aux exigences du RGPD applicables aux données de santé.
Conserver ses documents de santé
Pour le patient, la durée pendant laquelle conserver une ordonnance de lunettes dépend de l'âge : cinq ans entre seize et quarante-deux ans, trois ans à partir de quarante-trois ans et un an pour les moins de seize ans. Ces périodes concernent l'utilisation ou le renouvellement de l'équipement optique. L'officine applique son propre délai d'archivage à cette même prescription.
- Carnet de santé et carnet de vaccination à conserver à vie, indépendamment de tout délai légal de conservation, afin d'assurer le suivi vaccinal et la continuité des soins.
- Carte de groupe sanguin à conserver durablement par le patient, car elle peut être nécessaire lors d'une intervention avec transfusion.
- Examens d'imagerie médicale comme les radiographies, le scanner et l'IRM à garder de manière permanente pour faciliter un diagnostic en cas de rechute ou d'aggravation.
Les résultats d'analyses médicales sont à conserver cinq ans pour maintenir un suivi cohérent. À l'inverse, les ordonnances pour un bilan orthophonique n'ont pas de durée de validité fixée et ne sont donc soumises à aucun délai de conservation imposé au patient.
La validité d'une ordonnance de médicaments standard impose sa présentation en pharmacie dans les trois mois suivant la prescription, pour une durée de traitement maximale d'un an. Cette règle de dispensation ne modifie pas l'obligation d'archivage de l'officine, qui court séparément à compter de la délivrance effective. Le patient peut conserver sa copie aussi longtemps qu'elle reste utile à son suivi.
Archivage numérique et confidentialité
L'archivage papier demeure obligatoire pour les ordonnances manuscrites ou verbales. L'original doit être conservé, même lorsqu'un scan est réalisé. La numérisation repose sur une procédure formalisée qui précise le format d'origine, le procédé de transfert et les garanties d'intégrité, puis doit être conservée pendant la même durée de conservation que le document. Pour avoir une valeur probante, le fichier numérique doit reproduire fidèlement l'original, y compris ses annotations manuscrites, avec une qualité d'image au moins équivalente à celle du support initial.
Les supports non réinscriptibles de type WORM sont recommandés pour conserver des archives à long terme. Les CD et DVD non gravés ne garantissent pas une pérennité suffisante. Les formats de fichiers doivent être standardisés, notamment XML, PDF ou TIFF, afin de préserver leur lisibilité, avec conversion si nécessaire.
Le RGPD impose de protéger les données de santé du patient et de tracer les accès lors de la conservation numérique des ordonnances. Toute solution en ligne qui héberge ces informations doit respecter les exigences de certification HDS, norme de sécurité promulguée par l'État français. L'officine doit intégrer ces archives dans son registre des traitements RGPD afin de limiter le risque conventionnel et le risque réglementaire lié à la protection des données.
Foire aux questions
Une ordonnance médicale simple délivrée en officine doit être conservée pendant trois ans à compter de sa date de délivrance, conformément à l'article 5132-35 CSP. Les copies d'ordonnances de stupéfiants sont conservées pendant la même durée, séparément des prescriptions ordinaires. Les bons de commande et les documents de livraison relèvent d'un délai de cinq ans. Le registre des stupéfiants doit, quant à lui, être conservé pendant dix ans à compter de sa dernière mention. Ces durées légales de conservation constituent le socle minimal à respecter lors d'un contrôle de l'Assurance Maladie ou d'une inspection de santé publique.
Oui. La conservation des ordonnances par la pharmacie répond à une obligation légale. Les prescriptions sont classées par ordre chronologique et conservées sous leur forme originale, même lorsqu'une numérisation est effectuée en complément. L'archivage d'une ordonnance au format numérique reste possible sous conditions strictes : procédure formalisée, support WORM non réinscriptible, formats standardisés et certification HDS pour tout hébergement en ligne. À l'expiration de la durée de conservation applicable, les documents contenant des données de santé doivent être détruits de manière sécurisée, notamment par broyage professionnel, afin d'empêcher toute reconstitution d'informations nominatives.
Pour un praticien libéral, la conservation des dossiers médicaux est fixée à vingt ans après la fin du suivi, conformément à la préconisation de la CNIL du 18 juin 2020. Si le patient décède moins de dix ans après le dernier acte, le dossier médical doit être conservé pendant dix ans à compter du décès. Ce délai est suspendu lorsqu'un recours met en cause la responsabilité du professionnel de santé. Une procédure d'archivage rigoureuse, séparant la base active des archives, permet de répondre dans les délais impartis à toute demande d'accès du patient.