Liste des échelles acceptées pour évaluer la douleur (HAS)

Publié par Reto le 02/07/2026 02:46 .

Les échelles acceptées par la HAS pour mesurer la douleur se répartissent en plusieurs familles : unidimensionnelles, comportementales et multidimensionnelles.

Les échelles unidimensionnelles pour l'évaluation de la douleur

Les principales échelles unidimensionnelles mesurent la douleur telle qu'elle est décrite par le patient. Elles apprécient d'abord son intensité. Parmi les références les plus utilisées figurent l'échelle numérique, l'échelle visuelle analogique et l'échelle verbale simple, soit EN, EVA et EVS, comme indiqué par la HAS.

Évaluation de la douleur avec une règle EVA sur un bureau médical, médecin affichant les niveaux de douleur de 0 à 10. Liste des échelles acceptées pour mesurer la douleur.

Échelle numérique, EVA et EVS en détail

L'échelle numérique permet au patient d'attribuer un score de 0 à 10. L'échelle visuelle analogique prend la forme d'une réglette de 100 mm, décrite depuis les travaux de Huskisson en 1974, avec une lecture fine de 0 à 100. L'échelle verbale simple s'appuie sur des qualificatifs hiérarchisés, plus accessibles qu'une cotation chiffrée.

Ces outils d'évaluation de la douleur n'ont pas le même niveau d'exigence pratique. L'EVA suppose une bonne compréhension du repère visuel. L'EVS, à l'inverse, reste très utile quand une réponse brève est préférable. La conformité se joue sur l'adéquation entre l'outil et les capacités du patient.

Comment choisir entre EN, EVA et EVS ?

L'échelle numérique convient dès que le patient peut répondre verbalement, y compris dans un contexte rapide. L'échelle visuelle demande davantage d'abstraction et peut être moins adaptée en cas de troubles cognitifs marqués ou de malvoyance. L'échelle verbale simple offre une alternative immédiate quand le langage reste accessible mais que la cotation chiffrée ou visuelle complique l'évaluation.

  • EN (Échelle numérique) : notation de 0 à 10, facile à utiliser en consultation, en hospitalisation ou lors d'un recueil bref.
  • EVA (Échelle visuelle analogique) : réglette de 100 mm, utile pour affiner l'intensité de la douleur quand le patient comprend bien le support.
  • EVS (Échelle verbale simple) : cinq adjectifs allant de « absente » à « extrêmement intense », avec une lecture rapide en pratique au cabinet.
  • Choix de l'outil : EN, EVA et EVS ne se concurrencent pas toujours; ils se sélectionnent selon la situation clinique, l'âge, la compréhension et les capacités d'expression.

Ces échelles sont adaptées à l'autoévaluation. Lorsqu'elle n'est pas possible, notamment chez certains patients âgés, désorientés ou non communicants, une évaluation comportementale devient nécessaire. On passe alors à une approche distincte des échelles unidimensionnelles.

Tracer et documenter les scores de douleur

La HAS attend une traçabilité régulière des résultats dans le dossier patient. En complément, des supports standardisés de Papeterie Médicale facilitent l'inscription claire et datée des scores dans le dossier patient.

Les échelles hétéro-évaluatives validées par la HAS

Dès que l’auto-évaluation n’est plus possible, l’hétéroévaluation devient la méthode de référence. La HAS retient une liste des échelles acceptées pour mesurer la douleur selon l’âge, l’état clinique et la capacité du patient à communiquer. Il s’agit d’ évaluer la douleur avec une échelle d’évaluation comportementale adaptée, plutôt que de transposer une EVA ou une échelle verbale hors de leur champ d’usage.

Liste des échelles acceptées pour mesurer la douleur: infographie montrant profils patients et outils d’évaluation de la douleur (DAN, DOLOPLUS-2, CPOT, EDAAP) et leurs échelles associées.

ALGOPLUS, DOLOPLUS et ECPA chez les patients non communicants

L’ ALGOPLUS, ou échelle ALGOPLUS, est recommandée pour la douleur aiguë et la douleur procédurale. Cette échelle d'hétéroévaluation cote 5 items en moins de 2 minutes.

  • ALGOPLUS® : 5 items (visage, regard, plaintes, comportements, adaptation aux soins), résultat en moins de 2 minutes, recommandée pour la douleur aiguë et procédurale.
  • DOLOPLUS-2® : 10 items répartis en 3 dimensions, somatique, psychomotrice et psychosociale, adaptée aux personnes âgées de 75 ans et plus, avec un suivi longitudinal rigoureux.
  • ECPA : ECPA, Échelle Comportementale de la douleur chez la Personne Âgée, alternative validée pour l’ évaluation comportementale d’une douleur prolongée en gériatrie.

Une fois le score obtenu, notez-le dans le dossier. La comparabilité entre observateurs et la continuité des soins reposent sur cette traçabilité, à vérifier avant impression.

Échelles comportementales selon l’âge et le contexte clinique

Avant 4 ans, la EVA et l’ échelle verbale ne permettent pas de mesurer la douleur de façon fiable. Il faut alors une échelle comportementale ou une grille d'évaluation de la douleur validée.

  • FLACC / Échelle FLACC : FLACC ou échelle FLACC, 5 critères comportementaux cotés de 0 à 2, score total de 0 à 10, applicable de 2 mois à 7 ans et aussi chez l’adulte non communicant.
  • Échelle des visages (FPS-R) : échelle des visages utilisable dès 4 à 6 ans pour l’auto-évaluation pédiatrique.
  • DAN / NFCS / EDIN : outils d’ évaluation de la douleur du nouveau-né et du nourrisson jusqu’à 3 mois, selon qu’il s’agit d’une douleur aiguë ou prolongée.

En réanimation, le CPOT et la Behavioral Pain Scale, BPS ou BPS-NI, restent les références chez les patients intubés ou sédatés.

Échelles multidimensionnelles et outils complémentaires d'évaluation

Les outils unidimensionnels servent à mesurer la douleur en intensité. Dès que la situation se chronicise ou se complexifie, l’analyse doit s’élargir : retentissement émotionnel, limitation fonctionnelle, contexte psychosocial.

Questionnaires multidimensionnels pour la douleur chronique

L’ EVS, ou échelle verbale simple, peut constituer un premier repère rapide. Elle oriente utilement, mais ne suffit pas quand la symptomatologie déborde la seule intensité. Dans ce cadre, un questionnaire douleur plus complet prend le relais pour documenter les différentes dimensions cliniques.

  • QDSA (Questionnaire Douleur Saint-Antoine) : adaptation française du McGill Pain Questionnaire, il explore les composantes sensorielles et affectives avec une approche qualitative et quantitative.
  • QCD (Questionnaire Concis de la Douleur) : version française du Brief Pain Inventory, il analyse l’intensité, l’incapacité fonctionnelle, le retentissement social et la détresse psychologique.
  • HADS (Hospital Anxiety and Depression Scale) : cet outil repère les troubles anxieux et dépressifs fréquemment associés à la douleur chronique, en complément du bilan global.

Quand l’autoévaluation n’est pas possible, l’appréciation croisée des soignants et de l’entourage devient centrale. Les échelles d’évaluation de la douleur multidimensionnelles s’inscrivent alors dans une lecture collégiale du patient.

Outils spécifiques par type de douleur et population

À côté des principales échelles de douleur générales, certains instruments répondent à une indication précise. Une échelle verbale est utile pour coter un ressenti, mais elle ne permet ni de poser l’hypothèse d’une douleur neuropathique ni d’apprécier seule l’impact d’une migraine sur la vie quotidienne.

  • DN4 : 4 questions destinées à aider au diagnostic de douleur neuropathique chez l’adulte communicant.
  • HIT-6 / MIDAS : ces outils évaluent respectivement le retentissement fonctionnel de la migraine et la perte de productivité sur les 3 derniers mois.
  • DESS / EDAAP : grille d’évaluation de la douleur adaptée aux patients polyhandicapés; EDAAP a été validée en 2007, comporte 11 items et produit un score de 0 à 41 pour les adolescents et les adultes.
  • EVR (Échelle Verbale de Référence) : EVR est utilisée dans certains protocoles spécialisés pour affiner la cotation verbale.

Associer score chiffré et entretien clinique renforce la fiabilité du diagnostic : aucune grille ne remplace l’examen ni l’écoute. À vérifier avant impression, les intitulés retenus sur les supports doivent correspondre exactement à l’outil utilisé.

Intégrer l’échelle verbale et les scores dans les documents cliniques

Quel que soit l’outil retenu, la consignation doit rester lisible, datée et homogène dans le dossier. Papeterie Médicale propose des imprimés personnalisables pour intégrer cette évaluation de la douleur dans les fiches de suivi, courriers et feuilles de soins.

En pratique au cabinet, un document standardisé aide à mesurer la douleur dans le temps et à partager l’information entre professionnels; la traçabilité s’en trouve sécurisée sans alourdir le circuit administratif.

Foire aux questions

La HAS distingue deux approches pour mesurer la douleur : l’autoévaluation et l’hétéroévaluation. Côté autoévaluation, les outils de référence sont l’échelle numérique, l’échelle visuelle analogique et l’échelle verbale simple, aussi notées EN, EVA et EVS.

Quand l’autoévaluation n’est pas possible, l’évaluation comportementale prend le relais. Les outils reconnus comprennent Algoplus, Doloplus, FLACC, CPOT, DAN et EDIN, avec un choix adapté à l’âge, au niveau de communication et au contexte de soin. La conformité se joue sur l’adéquation entre l’échelle retenue et le profil du patient.

L’échelle visuelle analogique, ou EVA, correspond à une réglette de 100 mm. Le patient situe sa douleur entre « absence de douleur » et « douleur maximale imaginable », puis le professionnel lit la valeur sur la face graduée de 0 à 100. Cette échelle visuelle offre une mesure fine, utile quand la personne comprend bien la consigne.

Son usage reste simple, mais demande certaines conditions. Elle est moins adaptée en cas de malvoyance ou de troubles cognitifs marqués, car la précision attendue devient alors peu fiable. Comme pour l’échelle numérique ou l’EVS, l’objectif reste de mesurer la douleur de façon reproductible.

Dès que le patient ne peut pas s’autoévaluer, l’hétéroévaluation devient nécessaire : elle repose sur l’observation clinique et sur un outil comportemental structuré, choisi selon l’âge, la pathologie et le type de douleur aiguë ou chronique.

Pour une douleur aiguë chez la personne âgée non communicante, Algoplus est adapté et rapide. Pour un suivi prolongé en gériatrie, Doloplus convient davantage. L’échelle FLACC est utilisée chez l’enfant de 2 mois à 7 ans ainsi que chez certains adultes non communicants.

En réanimation, CPOT ou BPS sont les références. Pour les patients polyhandicapés, EDAAP ou DESS peuvent être retenus selon l’âge.